F3C : Culture & Handicap, comment partager la Culture autrement ?

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Dans le cadre de cette 37e édition et suite à la volonté des organisateurs de rendre accessible la programmation au plus grand nombre, le Festival des Trois Continents se lance cette année dans une nouvelle aventure mûrement réfléchie au fil du temps : intégrer le handicap aux valeurs de son évènement, et notamment par la mise en place de projections accessibles aux personnes sourdes ou malentendantes.

 

 

Mardi 25 novembre, le Cinématographe accueillait deux projections réorchestrées pour les personnes souffrant de problèmes auditifs. Ce travail d’interprétariat et de sous-titrage a été financé par Groupama, partenaire du projet sur cette édition, dans le cadre de son axe mécénat & handicap. L’occasion pour les cinéphiles plus ou moins aguerris de (re) découvrir le film d’animation La Lettre à Momo de Hiroyuki Okiura et L’institutrice du réalisateur israélien Nadav Lapid.

 

 

 

L’accès à la Culture au-delà du défi matériel

Au cœur de ces séances, une table ronde animée par Philippe Lefait, parrain de cette opération, a permis de rassembler autour de cette question de l’accès à la Culture pour les personnes en situation d’handicap, différents acteurs du monde du spectacle et du mécénat culturel.

La première partie fut dédiée à la notion même de « handicap ». Certes l’accessibilité physique aux salles de cinéma est un point important, mais les intervenants ont tenu à souligner cet accès aux œuvres comme « la prise en compte des singularités de tous, afin de mettre en place des outils de lecture et de compréhension adaptés aux particularités de chacun ».

 

 

 

Yann Stéphan, directeur du Festival de Douarnenez œuvre depuis plusieurs années à intégrer l’ensemble des spectateurs aux manifestations culturelles mises en place par son festival : « Les normes sont rarement faites par des personnes en situation de handicap ou de minorité culturelle, rien n’empêche donc de travailler pour les faire évoluer ! ».

 

L’accès aux films pour les personnes soudes et malentendants

Le temps d’un retour en arrière, Yann Stéphan compte les temps proches d’une société Française qui a attendu la fin des années 70 pour reconnaître la langue des signes comme un langage à part entière. Cependant celle-ci n’est actuellement pas encore acceptée par les institutions  comme une « langue en tant que telle ». Il s’avère alors difficile pour les acteurs du monde culturel de bénéficier d’aides à l’interprétariat et de rassembler le budget nécessaire à la prise en charge des interprètes.

En janvier 2015, un projet de loi adopté impose à toutes les sociétés de production de fournir une version « sourd et malentendant » (SM) sous-titrée et descriptive de leurs films. « Si beaucoup appliquent le logo officiel sur leurs jaquettes, la réalité est tout autre, explique Emmanuelle Jacq, régisseuse générale pour le Festival des 3 Continents, la plupart du temps nous nous retrouvons avec des productions uniquement sous-titrées en français qui ne prennent pas en compte la partie descriptive des contenus. Les producteurs fuient les coûts alloués à la retranscription des films en VLST, ce qui représente en moyenne 1 500 euros par film».

 

La loi du 11 février 2005, quant à elle, prévoit que « dans un délai maximum de cinq ans, les chaînes dont l'audience moyenne annuelle dépasse 2,5 % de l'audience totale des services de télévision devront rendre la totalité de leurs programmes accessibles aux personnes sourdes et malentendantes à l'exception des messages publicitaires. Cependant, les normes du sous-titrage SM varient malheureusement selon les souhaits des clients et chaînes de télévision ne permettant pas une parfaite homogénéité des contenus.

 

 

Rencontre avec Emmanuelle Jacq, régisseuse générale pour le Festival des 3 Continents, dans le cadre des Apéros Radiophoniques organisés à l’Espace Cosmopolis en association avec Alternantes, Jet fm et Prun’.

 

Portrait de Charlotte Farouault

Charlotte Farouault