AAH: handicap ou amour, il faut choisir?

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Mobilisation à Nantes devant la Préfecture le 16 septembre 2021

Le Sénat examine de nouveau ce mardi la proposition de loi visant à "déconjugaliser" l'Allocation Adulte Handicapé

Le 16 septembre dernier, une centaine de manifestants s’était rassemblée devant la préfecture à Nantes pour dénoncer le mode de calcul de l’AAH – l’allocation adulte handicapé. Une mobilisation suivie aussi à Angers ou La Roche-sur-Yon, comme dans une cinquantaine de villes en France.

L’AAH est une aide financière versée par l’État destinée à assurer un minimum de ressources financières aux personnes en situation de handicap. Problème : lorsque ces personnes sont en couple, l’aide n’est pas individualisée. Autrement dit, les revenus du conjoint sont pris en compte dans le calcul de l’AAH, entraînant parfois une baisse du montant de l’allocation, voire sa suppression totale si les revenus sont trop importants.

Une situation dénoncée par les personnes en situation de handicap et par les associations. Une façon, une de plus, de priver ces personnes d’autonomie comme de dignité.

Stéphanie a 28 ans, elle souffre d’une maladie appelée le syndrome d’Ehlers-Danlos de type hypermobile, qui cause principalement des douleurs, de la fatigue ou encore de l’hypersensibilité au bruit ou à la lumière. Elle est en couple mais se déclare célibataire pour pouvoir conserver son AAH de 799 euros par mois. Elle dénonce le discours qui tend à considérer l’AAH comme un minima social comme un autre : « Pour bénéficier de l’allocation, il faut avoir une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi. Je ne peux pas compenser mon handicap et je n’ai pas de perspective d’évolution possible ni à moyen ni à long terme, donc je ne pourrai jamais travailler et avoir mes revenus propres ».

Les associations demandent depuis de longues années que l’AAH soit individualisée et qu’elle soit désolidarisée des revenus du foyer. Une proposition de loi en ce sens a été votée en première lecture à l’Assemblée nationale en février 2020, puis au Sénat en mars 2021. Avant que le 17 juin dernier, le texte ne soit bloqué par la majorité et que soit proposé, à la place de la déconjugalisation de l'AAH, un abattement forfaitaire des revenus du conjoint. Une mesure qui ne va pas assez loin pour les associations, et qui ne règle pas le problème de la dépendance des personnes bénéficiaires de l’AAH vis-à-vis de leur conjoint, selon les associations.

Le texte est de nouveau débattu aujourd'hui au Sénat.

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Julia Vastel