Grève dans l'Éducation nationale : une colère aux multiples facettes

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Ce jeudi 13 janvier la mobilisation s'annonçait "historique" avec une classe fermée sur deux et 75% des personnels de l'enseignement en grève. Ces derniers dénoncent des protocoles sanitaires changeants et trop contraignants. Au-delà de la désorganisation provoquée par les classes fermées et des directives ministérielles inaudibles, c'est aussi pour une école plus inclusive qu'ils sont descendus dans la rue aujourd'hui. SUN était dans le cortège nantais.

"Il faut des moyens pour les élèves en situation de handicap" pouvait-on entendre ce matin dans les rangs de la manifestation qui s'élance de la place Foch. Les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) se sont joints à leurs collègues enseignants pour dénoncer le statut précaire de leur profession. Temps partiel subi, salaires faibles, contrats précaires, le statut des 91 000 AESH a pourtant failli connaître une nette amélioration, à 4 votes près.
En son article 1 la proposition de loi Victory, discutée hier dans l'Hémicycle, prévoyait une CDIsation immédiate des accompagnants ainsi que des assistants d'éducation (AED). Vidé de sa substance par la majorité, le texte doit de nouveau être examiné le 20 janvier prochain.
D'ici là, ils appellent à une nouvelle journée d'action départementale samedi 15 janvier.

La déconnexion et l'inexistence de dialogue, c'est ce qui ressort chez les manifestants. "On a un ministre qui parle plus aux médias qu'à nous!" fustige Lucie, enseignante à Blain.
De plus en plus décrié même dans ses propres rangs, Jean-Michel Blanquer recevait les syndicats cet après-midi. Il faut dire que la fronde est avérée, fait notable ce jeudi 13 janvier : le mouvement de grève s'étend jusqu'aux directeur.rices d'école et inspecteur.rices académiques.
Face à une colère aux multiples facettes - bas salaires, pénurie de professeurs remplaçants, dégradation des conditions de travail - le ministre de l'éducation, invité de BFM mardi, a recadré : "On ne fait pas grève contre un virus". Pas sûr que ses paroles apaisent la grogne chez les personnels grévistes.

Retrouvez, en dessous, les témoignages recueillis lors de la manifestation à Nantes.

Portrait de Mathis Slimano

Mathis Slimano