Muguet : un manque de main-d'œuvre qui pourrait avoir une raison

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Cette année, le secteur du muguet voit les difficultés se multiplier

La récolte annuelle du muguet, qui a débuté depuis plusieurs semaines en Loire-Atlantique, connaît des difficultés, alors que la date du 1er mai approche à grand pas.

Tout d’abord car ces petites cloches blanches, avec le beau temps et les températures, ont eu une floraison précoce. Le fait que les fleurs soient déjà développées fait peser, sur les producteurs touchés, des incertitudes sur la production et la qualité finale du produit d’ici dimanche, pour le 1er mai. Car on ne peut pas les "figer" pour très longtemps.

La deuxième crise importante qui traverse les champs de muguets, est celle de l’emploi. Les employeurs ne trouvent plus la main-d'œuvre nécessaire à la récolte des brins de muguet. On entend alors que le métier, comme de nombreux autres secteurs en ce moment, manque d’attractivité. Selon les syndicats, ce serait une conséquence, au moins en partie, d’une décision prise en octobre 2020 par les différents employeurs maraîchers de la région.

Des augmentations...qui amènent à des baisses de revenus

A l’époque, une nouvelle convention nationale agricole est signée et augmente les salaires partout en France, dont ceux des maraîchers. Dans la foulée, en Loire-Atlantique, les employeurs de la filière dénoncent, autrement dit mettent fin, à la convention locale qui datait de 2003 et qui comportait plusieurs avantages intéressants pour les employés : un treizième mois complet, un prime d'ancienneté qui pouvait représenter 5% des salaires ou encore des majorations sur les heures travaillées les dimanches ou les jours fériés.

Car la convention nationale augmentait les salaires, mais la convention locale, et ses avantages, était encore en place. "Les employeurs locaux n'ont alors pas voulu payer des avantages que d'autres départements ne payaient pas et y ont mis fin" nous explique Dominique Boucherel, représentant syndical de la CFTC-AGRI. La CFTC-AGRI, la FNAF-CGT, la FGTA/FO et le SNCEA /CFE-CGC s’opposent donc à une décision qui fait régresser les acquis et avantages négociés depuis 2003 pour les employés, face à une hausse de salaires annoncée qui ne suffit pas à compenser ces pertes. De quoi expliquer peut-être en partie les difficultés de recrutement et la baisse d’attractivité que connaît le secteur.

Photo : SUN

Portrait de Efflam Sionneau

Efflam Sionneau